Chorale - Puccini

Suis-je utile ?

C’est une question que je me pose plus souvent que je ne voudrais l’admettre.

Quand les enfants ont quitté la maison.
Quand on n’a plus de travail.
Quand les candidatures restent sans réponse.

On peut finir par se demander : si je ne suis pas là, finalement, qu’est-ce que ça change ?

Je me pose aussi cette question dans d’autres domaines.

Quand je fais du volontariat : je ne suis qu’une personne parmi tant d’autres, suis-je vraiment utile ?

Quand j’essaie d’avoir une consommation plus responsable : est-ce que refuser un sac, acheter moins, réparer, prendre le train plutôt que l’avion quand c’est possible change réellement quelque chose à l’échelle de la planète ?

À quoi sert ma toute petite action face à l’immensité du problème ?

Ce week-end, j’ai eu une jolie réponse.

J’ai participé à CHORALSPACE à Florence : 1 400 choristes réunis pour répéter et près de 900 pour interpréter ensemble la Messa di Gloria de Puccini.

Au milieu de 900 personnes, ma voix était presque imperceptible.

Et pourtant…

Si chacun s’était dit : « Ma voix ne changera rien, les autres chanteront sans moi », il n’y aurait tout simplement pas eu de chœur.

C’est peut-être la même chose pour beaucoup de choses.

Une action individuelle pour l’environnement paraît minuscule.
Une heure donnée à une association aussi.
Un coup de main, une compétence partagée, quelques euros versés à un projet…

Pris séparément, cela semble parfois dérisoire.

Mais le collectif n’existe que parce qu’il est composé de toutes ces petites contributions individuelles.

La recherche d’emploi et le syndrome du nid vide peuvent sérieusement ébranler le sentiment d’être encore utile.

Ce week-end, être simplement une voix parmi 900 m’a rappelé que notre contribution n’a pas besoin d’être immense pour avoir de la valeur.

Et ça fait du bien. 😊